MODÉNATURES

CORNICHES, MOULURES, DÉCORATION ET PROTECTION DES FAÇADES

Tenir compte des modénatures et des couleurs originales lors de la réhabilitation de l’habitat ancien.

Les modénatures

Le gypse, ou pierre à plâtre, abonde en Ile de France comme en Seine-et-Marne et particulièrement sur les coteaux dominant la Seine, la Marne et les Morin. Mélangé avec un peu de chaux et de sable, il recouvre au Nord les façades construites de petites pierres calcaires ou de meulières, leur conférant une belle apparence ainsi qu’une protection indispensable contre les intempéries. Travaillé depuis fort longtemps, le plâtre, malléable, se substitue avantageusement à la pierre de taille, plus rare et coûteuse, pour élaborer les décors… Leur richesse et leur raffinement évoquent le statut du propriétaire, comme l’influence du milieu urbain ou rural.

La maison se pare ainsi de belles modénatures, corniches ou moulures discrètes et simples pour la maison rurale, plus élaborées pour les maisons de ville, de bourg ou les  maisons bourgeoises. Celles-ci sont décorées pour la plupart d’entre elles d’ornements d’esprit néoclassique, issus du XIXème siècle ; les décors classiques du XVIIème et XVIIIème siècle restent plus rares.

Erigées  selon certaines règles de composition, les modénatures de la façade ont, tout comme l’enduit, une double fonction esthétique et technique. Les moulures simples ou composées structurent la façade selon des lignes de force, en creux ou en saillie, traits d’ombre ou de lumière. Elles soulignent l’avancée de la toiture d’une corniche, le niveau de l’étage, le linteau ou l’appui d’une fenêtre, l’encadrement d’une baie selon des bandeaux toujours soignés. Elles jouent ainsi sur les proportions de la façade, les symétries, tout en préservant le mur de ruissellement, éloignant les eaux par la saillie de leur profil.

Toute une grammaire de formes simples, listel, filet, cavet, tore, quart de rond, propices à accrocher la lumière et le regard, composent ces modénatures. L’alternance des méplats et des courbes, le rythme des éléments larges ou plus fins, l’opposition des sculptures et des tapisseries, le rapport des éléments de détails et des plans, dessinent l’ordonnance de la façade.

INFORMATIONS

PETIT GLOSSAIRE DE LA FACADE

 

Modénature

Proportions et disposition de l’ensemble des moulures et membres  d’architecture qui caractérisent une façade ; l’étude des modénatures permet de différencier les styles et, souvent,  de dater la construction des bâtiments.

 

Corniche

A l’extérieur, forte moulure en saillie qui couronne et protège une façade et sur laquelle sont placés les chêneaux. Les petites corniches sont souvent réduites à une grosse doucine ou à un talon. Les  corniches plus compliquées, comportant des denticules, des modillons ou des consoles, sont rares sur les maisons modestes et se trouvent surtout dans les bourgs.

 

Doucine

Profil composé d’une courbe et d’une contre-courbe, tangentes l’une à l’autre. La doucine est un profil de moulure fréquent, surtout sur les corniches et entablements.
 

Talon

Moulure en deux parties, courbe et contre-courbe, concave en bas et convexe en haut : les courbes du talon sont inverses de celles de la doucine.
 

Bandeau

Bande horizontale saillante, unie ou moulurée, qui règne sur le pourtour d’un bâtiment. Disposés en général au droit des planchers, les bandeaux marquent visuellement la division des étages. Ils rompent la monotonie des façades assurant leur protection contre le ruissellement des eaux, lorsqu’ils sont suffisamment saillants et munis d’un larmier.

 

MANIFESTATIONS À VENIR

SUR LE MÊME SUJET